Surveillance du SCRS

Le SCRS ciblé pour ses tactiques de profilage et d'intimidation

Le SCRS ciblé pour ses tactiques de profilage et d'intimidation

Montréal, 29 mars 2012 – Une quarantaine de personnes se sont rassemblées ce matin devant les bureaux du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) à Montréal dans le but de « profiler les profileurs ». Les personnes présentes ont photographié, filmé et interrogé les gens entrant dans les bureaux. Des agents de sécurité étaient présents en grand nombre et contrôlaient les allées et venues aux différentes portes de l'édifice.

« Parce que les agents du SCRS procèdent régulièrement à d'intimidantes visites à domicile et au travail, posent des questions déplacées sur les idées politiques et les pratiques religieuses, et harcèlent des personnes sur la base du profilage et de la culpabilité par association, notre action vise à inverser les rôles habituels de profileurs et profilés », explique Mary Foster, une des organisatrices de l'action qui s'est déroulée en début de matinée.

« Lorsque les gens luttent contre les mesures d'austérité, la répression politique augmente. Nous l'avons vu dans les mois précédant le Sommet du G20 à Toronto à l'été 2010, alors que les agents du SCRS ont procédé à une série de visites, et nous pouvons le voir encore aujourd'hui alors que les mobilisations étudiantes contre la hausse des frais de scolarité font face à la brutalité policière. Nous devons dénoncer ce type de répression qui vise à maintenir les gens dans l'apathie et à les faire taire », déclare Mathieu Francoeur, un autre des organisateurs et militant anticapitaliste à Montréal.

« Les communautés immigrantes font face aux pires abus de la part du SCRS, qui agit en tout impunité dans une sorte de trou noir juridique, profitant totalement de la situation de vulnérabilité dans laquelle se trouvent plusieurs des personnes migrantes », affirme Mary Foster. Une personne visitée par le SCRS a exprimé comment les pressions exercées pour qu'il collabore avec les services secrets l'ont perturbé.

L'action a également donné lieu à une apparition surprise du directeur du SCRS Richard Fadden – ou peut-être était-ce un sosie. Fadden s'est livré à un paidoyer enflammé à la défense de l'usage de la torture, ce qui lui a valu d'être hué par la foule. Depuis novembre 2011, une série de révélations dans les médias ont mis au jour l'implication du SCRS dans des cas de torture, et ce, avec l'appui du gourvernement.

« D'ailleurs, en cette journée de budget, que les Conservateurs nous promettent austère, le SCRS verra-t-il ses fonds réduits, malgré que celui-ci a vu son financement et ses effectifs augmenter de façon considérable depuis 2000, nous démontrant que l'appareil sécuritaire est une priorité pour ce gouvernement? », précise Mathieu Francoeur.

Cette action théâtrale faisait partie de la Campagne de non-collaboration avec le SCRS du Réseau de la Commission populaire, lancée publiquement lors d'une conférence de presse en janvier 2012. Près de 80 organisations - dont des associations étudiantes, des syndicats, des groupes militants et des groupes communautaires - ont appuyé l'appel à cesser toute collaboration avec le SCRS.

Cette action s'incrivait également dans le cadre d'un mois d'activités contre la brutalité policière et la répression politique à Montréal.

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Source : Réseau de la Commission populaire
commissionpopulaire@gmail.com
www.peoplescommission.org/fr

Surveillance du SCRS

Lisez le poème « when they knock at your door » par Victor Regalado

Le SCRS vise des communautés entières sur la base du profilage, de l'association et de concepts racistes de « menaces » et de « sécurité nationale ». Bien que les peuples autochtones, les queers, et les communautés racialisées et immigrantes aient été depuis longtemps la cible des agences de sécurités coloniales du Canada, les Musulmans et les Arabes sont depuis les dernières années parmis les groupes les plus lourdement ciblés.

La Commission populaire a créé le groupe de surveillance du SCRS afin de surveiller le SCRS et de développer la solidarité entre les communautés ciblées par celui-ci.

La noncoopération totale avec le SCRS est le meilleur moyen de maintenir unité et solidarité et de défendre la liberté, les droits et la sécurité de communautés qui se voient profilées et ciblées. Si vous êtes dans une situation précaire - à cause de votre statut d'immigration, d'accusations criminelles, de conditions de probation ou de libération conditionnelle ou pour toute autre raison - vous ne devriez en AUCUN CAS parler seul à seul avec les agent-es du SCRS. Vous devriez plutôt leur demander de contacter un-e avocat-e de votre choix et refuser de leur dire quoi que ce soit de plus.

Le Réseau de la Commission populaire est un groupe de travail du GRIP-Concordia qpirgconcordia.org 514.848.7585 info@qpirgconcordia.org

Contactez le Réseau de la commission populaire: GRIP-Concordia - Réseau de la commission populaire c/o Université Concordia 1455 de Maisonneuve O Montréal, QC, H3G 1M8 commissionpopulaire@gmail.com

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